Résumé surréaliste

2 mots par tableau x 24 tableaux de Magritte
Atelier du 1 février 2020

L’armoire de famille dévoilera au visiteur solitaire les silhouettes inconnues dissimulées dans l’inconscient de notre planète intime.

Enfermé dans la colonne de l’aveuglement, le songe quotidien d’un projet oublié livre à l’humain l’autoportrait d’un fantôme échoué.

Cette promenade intérieure ébloui le seul couple rouge de désir de la ville, théâtre nu, où voyage l’ignorance et la tristesse naturelle.

De la culture du regard naîtra l’idée folle et volontaire d’une personnalité au rêve de beauté.

Qui est-il?

atelier du samedi 9/11/2019

Un soir, je me promenais dans une petite rue du centre : vitrine éclairée et petite foule élégante verre à la main sur le trottoir.

Sans réfléchir je suis entré.
Jamais mis les pieds dans un vernissage, qu’est-ce qui m’a pris?
Jolie lumière, ambiance douce, j’ai aimé tout de suite.
Ce n’était pas du tout mon environnement, rien de familier, j’étais égaré, j’étais là, juste là sans penser à rien.
Depuis tout jeune mon truc c’est ressentir, j’ai ce mot dans la tête, en réfléchissant je crois que je cherche à retrouver le baiser de ma mère, le soir sur mes paupières avant de m’endormir.
«Je veux être un homme heureux» dit la chanson, je crois que ressentir c’est être heureux.

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Relecture du portrait de …

Atelier du 1février 2020

Il y a si longtemps qu’ils avaient décidé d’ignorer l’essentiel.

Ils avaient d’abord perdu les peaux de bêtes, les grossières lanières de cuir ensuite.

Ils avaient oublié la saveur du sang chaud, l’excitation de voir l’animal arriver à portée de lance.

Ils avaient oublié les rudiments de la vie: se nourrir et se réchauffer.

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Marguerite et l’Enchanté.

Magritte Le blanc seing

Il était une fois la princesse Marguerite, qui éprise de liberté, partit dés l’aube, la veille de l’anniversaire de sa majorité, pour une longue promenade équestre sur son fidèle et fringuant hunter à sa somptueuse robe fauve.

Elle l’avait nommé René, alors qu’âgée d’à peine trois ans, elle s’était hissée pour la première fois sur son dos.

Le rythme de sa monture était si régulier, si harmonieux qu’au fil des heures de chevauchée, son esprit vagabondait bien loin des préoccupations du château.

Malgré tout, Marguerite savait que le lendemain elle devrait rencontrer Léopold, son promis depuis sa naissance. Il était le fils ainé du royaume voisin, l’ennemi juré de son père, avec lequel les conflits perduraient depuis plus d’un siècle.

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La Parole

Parole que l’on dit sans y penser :
La parole qui échappe, le mot de trop où la parole exprimée
sans retenue se transforme en parole dérangeante et devient celle qu’on n’aurait pas dû dire.

Parole qui peut être mise en musique ou en poème :
Parole divine, elle est posée sur une musique sacrée
Parole qui ne peut pas se dire, se scande en rimes par le poète, portant en elle sa propre musique, elle se décline en accords harmonieux sur la portée du compositeur.

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Il y a des lieux

acrylique / Sophie G

Il y a des lieux que l’on imagine….

Le labyrinthe halluciné du lapin frénétique poursuivit par une Alice éperdue,
La diabolique maison en alléchant pain d’épice d’Hansel et Gretel,
La forêt enchantée qui se referme pour cent interminables années sur la Belle endormie,
Les fêtes débridées du Chicago des années folles,
La planète Mars exempte d’air et d’eau, avenir parait-il, de l’humanité,
La foisonnante vie cachée Dix mille lieues sous les mers,
Les trésors sans pareil de la cité engloutie de l’Atlantide.

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Poème

Poème pour La grande Messe de Collectif Païen, juin 2018, Magasins Généraux Pantin

Il enserre l’espoir entre ses mains jointes. Prier pour gagner. Mains soudées, le vœu ne s’envolera pas. Il faut remporter la victoire, il le faut vraiment. Ce désir blesse ses doigts comme un étau.

Ressorti vivant de l’arène, il lève les yeux au ciel, enveloppe nue de peau qui remercie. Il ressort des ténèbres, traînant des vagues de lumière.

Ravis, les yeux, le sourire

Ondoyante mouvance de ses cheveux quand

De ses bras levés elle acclame le joueur

Une joie noire jaillit de la gueule ouverte en un cri

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D’après l’exposition « Currents Shift », photos de Jessica Wolfelsperger, juin 2019

Texte à contrainte / Endroit

Trop de matérialisme contrarie le créatif. Isolé, l’extraverti devient triste.
Ses pensées accaparées tournoient secrètement.
Étonné, le voici souriant, amusé devant un bourgeon.
Moins narcissique, il cesse alors la compétition, la saturation coriace du selfi.
Réticent au gris, il ne doutera plus du végétal, du blanc, attentif plus que têtu.

        Envers

Un peu de spiritualité compense le manque d’imagination. Entouré, l’introverti
devient gai. Ses sensations réveillées se révèlent généreusement.
Blasé, le voici mécontent, déçu par une flétrissure.
Plus ouvert, il apprend alors le partage de la tendre contemplation d’un paysage.
Appréciant l’orange, il doutera du minéral, du noir, plus souple que velléitaire.

Découpages À partir de No Comment, exposition de Jacques Barbier, avril 2019

Dans le cadre d’une étude sur la mémoire et la photographie, je devais rédiger un petit texte à partir d’un ensemble de photographies au rebut, collectées par Jacques Barbier. Sur chacune d’elles ont pouvait observer qu’un personnage avait été découpé.

Ces photos mutilées étaient aussi pénibles à observer que des images de guerre montrant des corps meurtris. Ici les membres du corps familial, amical ou amoureux avaient été sectionnés soigneusement aux ciseaux.

Ma première remarque concernait le sexe et l’âge des personnes découpées. Il y avait davantage de personnages masculins évincés que de figures féminines. Ne manquaient sur les photos ni bébés, ni enfants ni adolescents. Ceci laissait supposer que le découpage était majoritairement l’œuvre de femmes et non pas d’hommes.

Cette attitude féminine qui consistait à se débarrasser du corps à coups de ciseaux semblait la métaphore d’un assassinat, joué sur un plan symbolique et de façon plus subtile qu’un meurtre réel mais néanmoins violent. Il était impossible de faire disparaître le corps de l’indésirable en entier et restaient des reliquats, preuves que sur cette épaule de femme, une main d’homme s’était appuyée, ailleurs, tel un serpent partageant le corps féminin en deux, un résidu de bras entourait tendrement la taille d’une jeune fille.

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