Cluedo carnavalesque à l’Utopia Borderouge

Ce texte a été écrit dans le cadre d’un atelier d’écriture de l’association Yaksa productions à l’Utopia Borderouge le 7 mars. Une journée autour de 18 mots pour gratter le papier, éveiller l’imagination et partager nos écrits.

Chacun-e a pioché une catégorie littéraire parmi conte, sentimental, thriller, policier, horreur, érotique, science-fiction, historique, fantastique et a raconté une histoire en plaçant 18 mots dans cet ordre: étrange, gazette, mayonnaise, soie, lampadaire, cocotte minute, pinceau, écorce, matelas, autoroute, symphonie, ombre, mouton, plumeau, corral, clocher, ordinateur, lune. J’ai tiré le papier “Policier”.

Salut, toi qui oses entrer dans l’Utopia Borderouge! Fais attention, car un homme en cavale pour ses crimes serait passé par là ou y est peut-être encore, caché dans sa planque… Si tu veux en savoir plus sur l’enquête, je t’invite à lire cet article au titre étrange « Bal masqué et Cluedo à l’Utopia Borderouge » dans la gazette du cinéma.

L’agent Mayonnaise ne se remettait encore pas de l’ordre de son commissaire. Lui, aurait préféré s’élancer sur la route de la soie pour enquêter sur les contrebandiers et les chauve souris zombies! Mais hélas la mayonnaise ne prit pas! On lui confia une affaire plus citadine qui avait lieu dans la ville de Toulouse. Plus sur la route des lampadaires que sur la route de la soie, maugréa t-il lorsqu’il reçut sa mission… Son fidèle assistant Mr Cocotte Minute à ses côtés, il allait lui montrer, à son commissaire, tiens, qu’il pouvait mettre la main sur l’assassin. Et quel assassin ! Puisque celui là avait l’art de se camoufler. Il présentait toujours un visage différent à la police grâce à son talent pour faire des masques. Muni d’un pinceau, il peignait tour à tour un visage de renard, de vipère, de lapin sur de l’écorce qu’il découpait. Aussi rusé que le renard, il rampait sous le lit semblable à une vipère pour effectuer son crime puis finissait par détaler comme un lapin. On trouvait la plupart du temps ses victimes la nuque et le matelas simultanément transpercés. Mais sa manière de tuer ne s’arrêtait pas aux matelas. Il alla même jusqu’à enfoncer le couteau à travers l’appui tête d’un conducteur qui s’était arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute. On le soupçonnait maintenant de prévoir un meurtre au Metronum. Un groupe au nom bien lugubre, la Symphonie de l’ombre, jouait ce soir là. Ça n’annonce rien de bon, marmonna Mayonnaise (les amateurs de Cluedo le surnommaient Colonel Moutarde). Ça va tourner au vinaigre, moi je vous le dis. Le policier et son assistant Cocotte Minute étaient sur le qui-vive. Trop tard. On dénombra quatre victimes. Quatre coups de couteau avaient été plantés à travers le siège des spectateurs. Monsieur Cocotte Minute cria à son supérieur: « Regarde, le voici avec un masque! ». En effet, un homme au visage de mouton venait de filer par la sortie de secours. Ni une, ni deux, les deux enquêteurs le suivirent. Ils arrivèrent, haletants, sur la place du métro. Ils eurent à peine le temps d’apercevoir l’assassin s’engouffrer par la porte de l’Utopia Borderouge. La piste les emmena dans la salle des gazettes. L’homme masqué avait disparu.L’assistant Cocotte Minute ramassa le plumeau du masque sur lequel était accroché un petit papier: « Feuilletez toutes les gazettes et trouvez celle où sont écrits les mots “Corral”, “Clocher”, “Ordinateur” et “Lune”, vous noterez son numéro qui constitue le code d’accès à ma planque. »

A l’heure où je vous écris, les deux compères cherchent encore le numéro de la gazette. Existe t-elle vraiment ? Peut-être l’homme-mouton court-il toujours, le sourire aux lèvres…

Résumé surréaliste

2 mots par tableau x 24 tableaux de Magritte
Atelier du 1 février 2020

L’armoire de famille dévoilera au visiteur solitaire les silhouettes inconnues dissimulées dans l’inconscient de notre planète intime.

Enfermé dans la colonne de l’aveuglement, le songe quotidien d’un projet oublié livre à l’humain l’autoportrait d’un fantôme échoué.

Cette promenade intérieure ébloui le seul couple rouge de désir de la ville, théâtre nu, où voyage l’ignorance et la tristesse naturelle.

De la culture du regard naîtra l’idée folle et volontaire d’une personnalité au rêve de beauté.

Qui est-il?

atelier du samedi 9/11/2019

Un soir, je me promenais dans une petite rue du centre : vitrine éclairée et petite foule élégante verre à la main sur le trottoir.

Sans réfléchir je suis entré.
Jamais mis les pieds dans un vernissage, qu’est-ce qui m’a pris?
Jolie lumière, ambiance douce, j’ai aimé tout de suite.
Ce n’était pas du tout mon environnement, rien de familier, j’étais égaré, j’étais là, juste là sans penser à rien.
Depuis tout jeune mon truc c’est ressentir, j’ai ce mot dans la tête, en réfléchissant je crois que je cherche à retrouver le baiser de ma mère, le soir sur mes paupières avant de m’endormir.
«Je veux être un homme heureux» dit la chanson, je crois que ressentir c’est être heureux.

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Relecture du portrait de …

Atelier du 1février 2020

Il y a si longtemps qu’ils avaient décidé d’ignorer l’essentiel.

Ils avaient d’abord perdu les peaux de bêtes, les grossières lanières de cuir ensuite.

Ils avaient oublié la saveur du sang chaud, l’excitation de voir l’animal arriver à portée de lance.

Ils avaient oublié les rudiments de la vie: se nourrir et se réchauffer.

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Marguerite et l’Enchanté.

Magritte Le blanc seing

Il était une fois la princesse Marguerite, qui éprise de liberté, partit dés l’aube, la veille de l’anniversaire de sa majorité, pour une longue promenade équestre sur son fidèle et fringuant hunter à sa somptueuse robe fauve.

Elle l’avait nommé René, alors qu’âgée d’à peine trois ans, elle s’était hissée pour la première fois sur son dos.

Le rythme de sa monture était si régulier, si harmonieux qu’au fil des heures de chevauchée, son esprit vagabondait bien loin des préoccupations du château.

Malgré tout, Marguerite savait que le lendemain elle devrait rencontrer Léopold, son promis depuis sa naissance. Il était le fils ainé du royaume voisin, l’ennemi juré de son père, avec lequel les conflits perduraient depuis plus d’un siècle.

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La Parole

Parole que l’on dit sans y penser :
La parole qui échappe, le mot de trop où la parole exprimée
sans retenue se transforme en parole dérangeante et devient celle qu’on n’aurait pas dû dire.

Parole qui peut être mise en musique ou en poème :
Parole divine, elle est posée sur une musique sacrée
Parole qui ne peut pas se dire, se scande en rimes par le poète, portant en elle sa propre musique, elle se décline en accords harmonieux sur la portée du compositeur.

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Il y a des lieux

acrylique / Sophie G

Il y a des lieux que l’on imagine….

Le labyrinthe halluciné du lapin frénétique poursuivit par une Alice éperdue,
La diabolique maison en alléchant pain d’épice d’Hansel et Gretel,
La forêt enchantée qui se referme pour cent interminables années sur la Belle endormie,
Les fêtes débridées du Chicago des années folles,
La planète Mars exempte d’air et d’eau, avenir parait-il, de l’humanité,
La foisonnante vie cachée Dix mille lieues sous les mers,
Les trésors sans pareil de la cité engloutie de l’Atlantide.

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Poème

Poème pour La grande Messe de Collectif Païen, juin 2018, Magasins Généraux Pantin

Il enserre l’espoir entre ses mains jointes. Prier pour gagner. Mains soudées, le vœu ne s’envolera pas. Il faut remporter la victoire, il le faut vraiment. Ce désir blesse ses doigts comme un étau.

Ressorti vivant de l’arène, il lève les yeux au ciel, enveloppe nue de peau qui remercie. Il ressort des ténèbres, traînant des vagues de lumière.

Ravis, les yeux, le sourire

Ondoyante mouvance de ses cheveux quand

De ses bras levés elle acclame le joueur

Une joie noire jaillit de la gueule ouverte en un cri

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D’après l’exposition « Currents Shift », photos de Jessica Wolfelsperger, juin 2019

Texte à contrainte / Endroit

Trop de matérialisme contrarie le créatif. Isolé, l’extraverti devient triste.
Ses pensées accaparées tournoient secrètement.
Étonné, le voici souriant, amusé devant un bourgeon.
Moins narcissique, il cesse alors la compétition, la saturation coriace du selfi.
Réticent au gris, il ne doutera plus du végétal, du blanc, attentif plus que têtu.

        Envers

Un peu de spiritualité compense le manque d’imagination. Entouré, l’introverti
devient gai. Ses sensations réveillées se révèlent généreusement.
Blasé, le voici mécontent, déçu par une flétrissure.
Plus ouvert, il apprend alors le partage de la tendre contemplation d’un paysage.
Appréciant l’orange, il doutera du minéral, du noir, plus souple que velléitaire.